L'Ouvre Boîte : Association Littéraire et Poétique de la Plaine de France - MAJ 31.12.2001
QUELQUES POEMES DE SERGE DINERSTEIN
Chartres.
La pente est dure, montant à pied.
Mais l'essoufflement est nécessaire,
Qui creuse la poitrine
Et la rend humble à ce qui va paraître.
L'esprit attend les pierres, le cœur aperçoit Dieu,
Ou peut-être bien le meilleur de l'homme.
La pierre, obstinément dressée à l'image humaine,
Jusqu'à se retirer dans l'épaisseur des murs.
La lumière paie pour sa légèreté,
A l'octroi des vitraux,
Le prix de la patience et des yeux usés.
C'est là, au sommet de la colline,
Là où tant d'hommes ont œuvré,
Pensant et forgeant la matière
Jusqu'à en extraire
Un parfum de Dieu.
Paroles.
Vous me parlez de liberté,
Et moi, je vous parle de moi.
Vous me parlez de tolérance,
Quand je vous parle de moi.
Vous dites : il faut être à l'écoute des gens,
Et sur votre peau lisse,
Mes phrases glissent.
Vous me parlez, me parlez-vous ?
Cessez donc et dites moi de vous.
5 mars 2001
Les hêtres de l'hiver irriguent le ciel de leurs deltas ruinés. Inversion stérile, incantation dans l'air de marbre, offrande sans retour du gui en lunes grises.
Par delà l'attente figée des herbes, menace le peuple noir des sapins.
29 avril 2001
Parallèle.
Fatiguer l'argile.
Patiemment ameublir, ouvrir les pores de la terre,
L'opprimer jusqu'à la grâce demandée,
La sensibilité conquise.
Musique. Pluie ciblée de particules d'une légèreté consistante.
Accumulation organisée cernant, l'air de rien, les ondes indétectables du cerveau.
Stimulation scientifiquement non prouvée, poussant par conséquent à la poésie.
(Reproduits avec l'aimable autorisation de l'auteur)